Éviction de la méthylisothiazolinone : pas facile en pratique - 15/01/19
Résumé |
Introduction |
La méthylisothiazolinone (MIT) est un conservateur utilisé depuis 2005 dans de nombreux produits cosmétiques, ménagers et industriels. Elle est responsable d’eczémas sévères. Du fait de son utilisation importante dans des domaines variés, son éviction est difficile.
Observation |
Un homme de 58 ans consultait pour un eczéma du visage, des aisselles et du tronc. Il avait comme principaux antécédents un syndrome d’apnées du sommeil appareillé par pression positive continue (PPC) et une allergie de contact connue à la MIT qui avait été mise en évidence par tests épicutanés au décours d’un épisode d’eczéma suraigu du visage faisant suite à l’application d’un cosmétique en masque. Il rapportait par ailleurs un épisode récent d’eczéma aigu suintant du visage et une réaction respiratoire asthmatiforme ayant nécessité un traitement par béta-2-mimétiques à la suite de travaux de peinture à son domicile (guérison spontanée après 2 mois d’éviction de la chambre repeinte et calfeutrée…). Les lésions actuelles du visage étaient très localisées aux zones de contact avec le masque de PPC, dont le remplacement pour un masque hypoallergénique n’avait pas permis d’amélioration. L’éviction de la MIT étant correctement réalisée en particulier dans ses cosmétiques, nous avons donc décidé de renouveler les tests allergologiques à la recherche d’un nouvel allergène de contact (Annexe A).
Résultats |
Les tests réalisés comprenaient les batteries standard européenne élargie, cosmétiques, colorants textiles, plantes/bois, caoutchoucs ainsi que 4 produits personnels du patient incluant son déodorant. À 72h, les tests étaient positifs à 2+ pour le méthylchloroisothiazolinone et MIT, à 3+ pour la MIT, à 2+ pour l’octylisothiazolinone, à 1+ pour le linalol et à 1+ pour son déodorant.
Discussion |
Un nouvel interrogatoire poussé a permis de relier à nouveau l’allergie de contact à la MIT à son eczéma du visage : il utilisait de façon quotidienne un produit vaisselle contenant de la MIT pour laver le masque de PPC. Le produit ménager était correctement étiqueté, avec mention de la présence de MIT. Concernant le linalol, il s’agissait d’une sensibilisation récente (négatif lors des tests antérieurs) ; il était contenu dans son déodorant, pouvant expliquer les lésions axillaires et du tronc.
Conclusion |
Le cas de ce patient illustre bien la difficulté de l’éviction de la MIT à laquelle il a été exposé successivement et par différentes voies (directe, aéroportée et par procuration) par le biais de différents produits (cosmétique, peinture et produit ménager) et avec différentes symptomatologies cutanées et respiratoires, comme déjà décrit avec les peintures aqueuses contenant de la MIT par exemple. L’allergie de contact à la MIT nécessite une éducation thérapeutique du patient pour éviter les rechutes, qui semblent fréquentes.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Eczéma de contact, Méthylisothiazolinone, Rechute
Plan
| ☆ | Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont disponibles à l’adresse suivante : https://doi.org/10.1016/j.annder.2018.09.198. |
Vol 145 - N° 12S
P. S154 - décembre 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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