Anticoagulation préventive au cours du syndrome néphrotique - 17/09/18
, A. Harzallah 2, M. Neji 1, H. Kaaroud 2, F. Ben Hamida 2, S. Barbouch 2, I. Gorsane 1, T. Ben Abdallah 1Résumé |
Introduction |
L’incidence des accidents thromboemboliques au cours du syndrome néphrotique est élevée. Ces complications survenant à tout moment et touchant n’importe quel territoire veineux ou artériel, rendent nécessaire la prise en charge préventive.
Le but de notre étude est d’étudier l’efficacité de l’anticoagulation dans la prévention thromboembolique au cours du syndrome néphrotique, en tenant compte du rapport bénéfice/risque, afin d’établir une stratégie préventive efficace.
Patients/matériels et méthodes |
Étude descriptive rétrospective portant sur les patients hospitalisés dans notre service pour prise en charge d’un syndrome néphrotique durant la période allant de 2014 à 2017. Nous avons identifié les patients ayant été mis sous anticoagulation préventive.
Résultats |
Parmi 77 patients ayant un syndrome néphrotique, 25 cas ont été inclus. Il s’agit de 14 hommes et 11 femmes (sex-ratio=1,27) âgés en moyenne de 47 ans (extrêmes : 20–79 ans). La néphropathie était une glomérulonéphrite extra-membraneuse dans 7 cas, une glomérulonéphrite membranoproliférative dans 5 cas, une néphropathie diabétique dans 2 cas, une hyalinose segmentaire et focale dans 3 cas, une néphropathie lupique classe IV dans un cas et une néphropathie à IgA dans un cas. La néphropathie était indéterminée dans 4 cas. La protéinurie de 24 heures moyenne était de 9,05g/24h avec un taux moyen d’albumine à 15g/L (extrêmes : 7–25,2g/L). Une insuffisance rénale a été objectivée chez 12 patients avec une clairance de la créatinine moyenne à 72,7mL/min (7–184mL/min). L’anticoagulation était par l’acide acétylsalicylique dans 5 cas, par l’héparine non fractionnée dans 5 cas, par le dipyridamole dans 3 cas et par l’antivitamine K dans 7 cas. Cinq patients ont reçu une association d’un anticoagulant avec un antiagrégant plaquettaire. La durée moyenne de l’anticoagulation était de 6 mois (3 jours–4 ans). Après un suivi moyen de 19 mois, aucun événement thromboembolique n’a été noté. Une complication hémorragique a été notée dans 2 cas : une épistaxis avec une hématurie caillotante sous héparine non fractionnée et une épistaxis avec une hémorragie rétinienne sous antivitamine K.
Conclusion |
Une anticoagulation préventive s’avère nécessaire au cours du syndrome néphrotique intense avec un rapport bénéfice/risque important. L’Héparine et l’antivitamine K semblent présenter un risque hémorragique supérieur dans notre étude. De larges études prospectives sont nécessaires pour étayer ces constatations.
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Vol 14 - N° 5
P. 399-400 - septembre 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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