Hypoglycémies iatrogènes résistantes au resucrage : octréotide supérieur au resucrage conventionnel - 25/08/18
Résumé |
Nous rapportons le cas d’un homme de 77 ans qui présente une hypoglycémie sévère lors de sa séance d’hémodialyse. Ce patient, insuffisant rénal terminal dans un contexte de néphroangiosclérose, n’est pas diabétique mais il a pris par erreur le traitement antidiabétique oral de son fils : un comprimé de 3mg de glimepiride ainsi qu’un comprimé de sitagliptine+metformine (50/1000mg) le matin même. Le patient présente quelques signes adrénergiques (tachycardie) et neuroglucopéniques (irritabilité). Malgré l’utilisation de plus de 300 grammes de glucose (multiples ampoules de sérum glucosé 30 % et perfusions de sérum glucosé 10 %) pendant et après la séance d’hémodialyse, les glycémies capillaires se sont maintenues difficilement entre 0,40 et 0,75g/L. Devant cette hypoglycémie organique iatrogène résistante, le patient est hospitalisé. Compte tenu de l’inefficacité des traitements conventionnels et après une revue de la littérature, il est décidé d’avoir recours à une injection d’octréotide 100 ug par voie sous-cutanée. Cette injection, réalisée 24heures après le diagnostic d’hypoglycémie, a entraîné une normalisation très rapide de la glycémie capillaire (en moins d’une heure). L’octréotide, par sa fixation aux récepteurs SSTR-2 et 5 de la somatostatine, a une action prolongée d’inhibition de la sécrétion d’insuline. Les sulfamides stimulent l’exocytose d’insuline par les cellules B pancréatiques. Dans la littérature, plusieurs cas ont été rapportés, et quelques études témoignent de l’efficacité de l’octréotide sur les hypoglycémies résistantes et prolongées, notamment lorsqu’elles sont provoquées par les sulfonylurés et les inhibiteurs du DPP4 ou lorsqu’elles surviennent chez l’insuffisant rénal.
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Vol 79 - N° 4
P. 274 - septembre 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.

