Érysipèle : profil épidémiologique et présentation clinique - 06/06/18
Résumé |
Introduction |
L’érysipèle est une dermo-hypodermite aiguë bactérienne essentiellement due au streptocoque. L’objectif de notre étude était de décrire le profil épidémio-clinique, thérapeutique et évolutif de cette infection fréquente au Maroc.
Patients et méthodes |
Étude rétrospective, menée sur des dossiers de patients hospitalisés pour érysipèle dans notre service durant la période allant de janvier 2005 au janvier 2016.
Résultats |
Au total, 152 malades ont été colligés, répartis en 115 hommes (76 %) et 37 femmes (24 %). L’âge moyen était de 54,5±16,6 ans. Les antécédents pathologiques les plus rapportés étaient l’obésité (61 %), le diabète (35 %), l’HTA (30 %) et la cardiopathie (15 %). Localement, 10 % des malades avaient un lymphœdème, 9 % une insuffisance veineuse, 2 % un ulcère de la jambe. La porte d’entrée était un intertrigo inter-orteil mycosique (78 %), une chirurgie locale (13 %). Il s’agissait du premier épisode dans 70 %, d’une troisième voir plus dans 6 % des cas. Les membres inférieurs étaient touchés dans % des cas, de façon bilatérale (90 %), les membres supérieurs (3 %), et la face (7 %). Cliniquement, l’aspect bulleux était noté dans 28 %, l’aspect hémorragique dans 20 %, l’aspect abcédé dans 11 % et l’aspect nécrotique dans 6 %. Une adénopathie satellite était retrouvée dans 37 %. Vingt-deux pour cent ont présenté des globules blancs˃12 000μL et une VS˃40mm/h. La durée moyenne d’hospitalisation en jours était 9,7±5,3. Le traitement de première intention était la pénicilline G par voie parentérale (54), l’association amoxicilline-acide clavulanique (36 %) et la pristinamycine (3 %). L’évolution était favorable dans 90 %.
Discussion |
Notre travail souligne certaines particularités de l’érysipèle dans notre région : la prédominance masculine ; la fréquence des formes récidivantes, d’où l’importance d’une prévention secondaire efficace ; la fréquence des formes bulleuses et hémorragiques, discutant l’intérêt de corriger les facteurs de risques et la surveillance étroite ; la fréquence des formes d’érysipèle sans signes inflammatoires biologiques marqués, d’où l’intérêt de chercher des marqueurs cliniques de gravité ; l’évolution favorable sous monothérapie par pénicilline est la règle, d’où l’intérêt de prévenir les résistances.
Conclusion |
L’érysipèle est une infection fréquente. La récidive est la principale complication à long terme. La prise en charge des facteurs favorisant les complications et les récidives permet la diminution de la durée d’hospitalisation et le coût socio-économique.
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Vol 39 - N° S1
P. A238-A239 - juin 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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