La prévalence et les facteurs de risque de la sérite chez les patients atteints de lupus érythémateux systémique - 06/06/18
, F. Daoud, I. Rachdi, H. Zoubeidi, Z. Aydi, B. Ben Dhaou, F. BoussemaRésumé |
Introduction |
Les sérites restent une des manifestations systémiques fréquentes au cours du lupus érythémateux systémique (LES). La prévalence de la sérite lupique varie selon les séries entre 12 et 49 %.
Notre objectif était d’estimer la prévalence et d’identifier les facteurs de risque des sérites chez un groupe de patients atteints du LES.
Patients et méthodes |
Une étude rétrospective, descriptive, analytique, s’étalant sur une période de 20 ans entre la période 1997 et 2017 et colligeant les patients suivis pour un LES qui a été retenu selon les critères diagnostiques de l’American College of Rheumatology (ACR) de 1997.
Le diagnostic de sérite (épanchement pleural et/ou épanchement péricardique) liée au lupus a été posé après exclusion des autres causes, telles que l’infection, la malignité, l’insuffisance cardiaque ou l’hypoalbuminémie.
Pour l’étude l’identification des facteurs de risque de sérite, nous avons subdivisé les patients lupiques en deux groupes ; le groupe 1 (G1) : patients ayant présenté une sérite au cours de leurs suivis et le groupe 2 (G2) : le reste des patients.
Résultats |
Cent cinquante patients, ayant un LES, ont été retenus. Pour ces 150 patients lupiques, l’âge moyen était de 36,79±14,48 ans (extrêmes : 12 et 81). Il s’agissait de 139 femmes (F) (92,66 %) pour 11 hommes (H) (7,33 %), soit un sex-ratio F/H=12,63. La prévalence de la sérite lupique était de 27,33 %. La répartition de la sérite était comme suit une péricardite chez 16 patients (39 %), une pleurésie chez 13 patients (31,7 %) et une pleuropéricardite chez 12 patients (29,3 %). La sérite était révélatrice du LES dans 18 cas. Aucune différence statiquement significative entre la moyenne d’âge entre les deux groupes n’a été notée. La prédominance féminine était conservée dans les deux groupes, avec un sex-ratio F/H identique à celui de la population générale, soit 12,6.
L’étude comparative des deux groupes a conclu à une fréquence élevée des atteintes cutanées, le rash malaire, le lupus discoïde, la photosensibilité, et les ulcérations naso-pahryngées dans le G2 par rapport G1 ; avec respectivement, 55 % vs 12 % (p<0,001), 13 % vs 2 % (p=0,035), 70 % vs 36 % (p<0,001) et 22 % vs 7 % (p=0,027). L’atteinte rénale lupique était plus fréquente dans G1 par rapport au G2 avec 56 % vs 43 % (p=0,049). Pour la biologie, la fréquence de la vitesse de sédimentation (VS) accélérée des érythrocytes, le taux élevé de la C-reactiveprotéine (CRP) et de la fibrinogénémie était plus élevée dans le G1 par rapport au G2 ; avec respectivement 97 % vs 80 % (p=0,049), 57 % vs 20 % (p=0,005) et 75 % vs 41 % (p=0,03). L’étude comparative du profil immunologique a montré une positivité élevée des anticorps anti-RNP dans le G1 par rapport au G2, respectivement 51 % vs 19 % (p=0,001).
Discussion |
Notre étude a conclu à la prédominance de l’atteinte rénale lupique, la VS accélérée, la CRP et la fibrogénémie élevées dans le groupe des patients ayant une sérite lupique. Certaines études confirmaient ces conclusions, d’autres évoquaient d’autres facteurs de risque de sérite lupique tel que une fièvre supérieure à 38°C, une maladie lupique active ou un complément sérique C4 bas.
Conclusion |
Devant tout patient suivi pour un LES, des signes cliniques et biologiques en faveur d’une atteinte rénale lupique et un syndrome inflammatoire biologique (VS accélérée, CRP et fibrogénémie élevées) devront faire rechercher une sérite lupique.
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Vol 39 - N° S1
P. A159 - juin 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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