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Effets secondaires de la corticothérapie au cours du traitement de l’artérite à cellules géantes - 06/06/18

Doi : 10.1016/j.revmed.2018.03.040 
M. Belan , T. Moulinet, J. Campagne, M. Bourne-Watrin, L. Tholin, S. Mohamed, J. Deibener-Kaminsky, J.D. De Korwin, R. Jaussaud
 Département de médecine interne et immunologie clinique, hôpitaux de Brabois, CHRU de Nancy, Vandœuvre-lès-Nancy, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

L’artérite à cellules géantes (ACG) est la vascularite la plus fréquente du sujet âgé. Il s’agit d’une panartérite inflammatoire à cellules géantes de topographie segmentaire et focale touchant les vaisseaux de moyen et grand calibre. Le traitement de première intention reste toujours la corticothérapie, actuellement recommandée à une dose initiale de 0,7mg/kg pour les formes non compliquées et pour une durée minimale de 18 mois. Ces fortes doses de corticoïdes et une durée de traitement prolongée sont encore responsables de nombreux effets secondaires, malgré les mesures préventives mises en place.

Patients et méthodes

Cohorte rétrospective monocentrique des patients diagnostiqués et suivis pour une ACG (critères ACR) en service de médecine interne entre 2010 et 2018.

Résultats

Cinquante-neuf patients, âge moyen au diagnostic 72,4±8,5 ans avec un suivi médian à 1,3 ans étaient analysés. Au total, 76,2 % (45/59) étaient de sexe féminin. Seul, 23,7 % (14/59) étaient adressés par des ophtalmologues, 44,1 % (26/59) par leur médecin traitant et 32,2 % (19/59) par d’autres services du CHU ou de périphérie.

Vingt-deux patients (37,3 %) présentaient des symptômes ophtalmologiques (amaurose, flou visuel, baisse d’acuité visuelle, cécité) mais l’atteinte ophtalmologique n’était confirmée que chez 19 patients (32,2 %). Tous les patients avaient eu une biopsie d’artère temporale ; 50,8 % étaient positives (30/59). Dix-neuf patients avaient une aortite confirmée sur l’imagerie (32,2 %).

La dose moyenne de corticoïdes initiée au diagnostic était de 55,5mg soit une dose-poids moyenne de 0,86±0,21mg/kg de prednisone sans prendre en compte les bolus dont les 17 (28,8 %) patients atteints de neuropathie optique ischémique antérieure aiguë (NOIAA) faisaient l’objet. Les principales complications observées étaient d’ordre neuropsychiatriques : 35,6 % des patients (21/59) dont 3 graves (syndrome confusionnel, hallucinations, suicide). Le délai médian de survenue de ces troubles était de 3±5,6 mois pour une dose-poids moyenne 1,00±1,88mg/kg. Les diabètes cortico-induits ou déséquilibrés étaient rapportés pour 11 patients, pour des doses-poids élevées (1,34±2,18mg/kg de prednisone), survenant précocement avec une médiane à 0,25±4,8 mois. Onze patients (18,6 %) présentaient des complications ophtalmologiques à type de glaucome chronique ou de cataracte, avec un délai médian de survenue de ces événements indésirables de 16±9,8 mois à des dose-poids moyennes de 0,18±0,21. Les fractures survenaient généralement plus tardivement au cours du suivi (médiane 12±8,8 mois) pour une dose-poids moyenne de 0,36±0,34mg/kg de prednisone chez 7 patients (11,8 %). Les complications infectieuses concernaient 7 patients (11,8 %), dont une responsable du décès et une pneumopathie infectieuse grave, pour un délai médian de survenue de 3±6,62 mois à la dose de 0,39±0,31 de prednisone.

Discussion

Quarante-deux patients (71 %) étaient victimes d’effets secondaires de la corticothérapie au cours de leur traitement d’ACG. Les complications neuropsychiques et les décompensations de diabète apparaissent beaucoup plus précocement et pour des posologies plus élevées [1] que les complications infectieuses, ophtalmologiques et osseuses plutôt liées à la durée d’imprégnation cortisonique. Ces effets secondaires sont bien connus des professionnels de santé [2], et malgré la mise en place de mesures préventives, nombreux sont les patients qui en souffrent pouvant engendrer des problèmes d’observance. Les effets secondaires les plus gênants selon les patients semblent la myopathie cortisonique et la lipodystrophie [3] mais sont paradoxalement celles perçues comme les moins sévères par les médecins.

Les effets secondaires étaient probablement sous-estimés car la durée médiane de suivi n’était que de 1,3 ans car 16 patients (soit 27,1 %) étaient diagnostiqués au cours des deux dernières.

Conclusion

La corticothérapie forte dose et de durée prolongée est toujours responsable d’effets secondaires très fréquents et parfois graves chez des sujets âgés dans le contexte d’ACG pouvant se compliquer de défaut d’observance.

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Vol 39 - N° S1

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