Érythème pigmenté fixe : analyse anatomoclinique d’une cohorte de 73 patients - 25/11/17
Résumé |
Introduction |
L’érythème pigmenté fixe (EPF) est une toxidermie définie par des taches arrondies à centre plus ou moins bulleux survenant sur le(s) même(s) site(s) moins de 48 heures après prise du médicament responsable. Les caractéristiques épidémiologiques des formes bulleuses (EPFB) et non bulleuses (EPFNB) n’ont jamais été comparées. Les aspects histologiques sont insuffisamment décrits et corrélés à la clinique. Notre objectif était de décrire les caractéristiques anatomocliniques des EPF.
Patients et méthodes |
Les EPF ont été rétrospectivement sélectionnés dans notre centre par les bases de données histologiques et cliniques entre 2005 et 2016. Le diagnostic a été ensuite reconfirmé par les dossiers et les photos, selon les critères cliniques publiés. Les EPF ont été classés en EPFNB ou EPFB, localisé (1 territoire) ou généralisé (≥2 territoires). Les données cliniques ont été recueillies et le suivi (reprise ou non du médicament, récidives) actualisé par appel téléphonique en 2017. Les biopsies ont été revues en aveugle puis corrélées à la clinique. L’analyse statistique a utilisé les tests de Chi2, Fischer et Student.
Résultats |
Parmi 112 patients, 39 ont été exclus (dossier incomplet, erreur diagnostique) et 73 inclus (89 biopsies) : 44 femmes, d’âge médian 70 ans, 44 avec antécédent d’« allergie médicamenteuse » (de type EPF chez 28). Quinze avaient un EPFNB (âge médian 47 ans), 58 un EPFB (âgé médian 77 ans, p<0,001), généralisé chez 48 (surface décollée>10 % chez 22). Les principaux médicaments imputables étaient : antibiotique (n=20), paracétamol (n=9), AINS (n=6). Le délai d’induction médian était de 2jours ; 48 patients ont été hospitalisés, 25 ont eu au moins une complication (infectieuse chez 19), 5 sont passés en réanimation et 8 décédés (âge médian 80 ans, tous EPFB>10 %). Parmi 32 patients recontactés, 4 ont eu une récidive, létale dans 1 cas.
Histologiquement les signes les plus fréquents étaient : apoptose kératinocytaire (95 %), mélanophages (72 %), altérations lichénoïdes (62,8 %), bulles jonctionnelles (56,3 %). Les profils inflammatoires étaient multiples (91 %) : eczématiforme (6,7 %), lichénoïde (46,5 %) à type de nécrolyse épidermique (NE) avec apoptose confluente (66,3 %). Le profil NE (74 % vs 27 %, p=0,008) et les bulles (68 % vs 7 %, p=0,006) étaient plus fréquents dans les EPFB, les mélanophages (100 % vs 66 %, p=0,02) et la mélanose dermique (40 % vs 4 %, p=0,0005) plus fréquents dans les EPFNB (Annexe A).
Discussion |
L’âge élevé des EPFB et des antécédents difficiles à préciser suggèrent un spectre chronologique dans la gravité ou une difficulté croissante avec l’âge à réguler la réponse immune spécifique du médicament. Histologiquement, les lésions cytotoxiques sont au premier plan et les EPFB miment une NE toxique.
Conclusion |
L’EPF est un spectre anatomoclinique dont les formes les plus graves, d’histologie indissociable d’une NE, touchent des sujets plus âgés qu’au cours d’autres toxidermies graves.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Érythème pigmenté fixe, Érythème pigmenté fixe bulleux, Histologie, Nécrolyse épidermique toxique
Plan
| ☆ | Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont disponibles à l’adresse suivante : http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2017.09.185. |
Vol 144 - N° 12S
P. S138 - décembre 2017 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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