Le premier rayon de la main et du pied chez les primates (II). Anatomie fonctionnelle - 12/10/17
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Résumé |
Étude de l’amplitude articulaire du premier rayon des mains et des pieds par mobilisation passive pratiquée tantôt sur des cadavres frais, tantôt sur des primates vivants et anesthésiés (soit huit pongidés, 15 cercopithécidés, deux plathyrhiniens, huit lémuroïdés, trois daubentaunidés, deux loridés et deux galagonidés). Pour obtenir l’inclinaison dorsale et palmaire ou plantaire et l’inclinaison latérale et médiale maxima, des plans légèrement parasagitaux et parafrontaux ou horizontaux ont été choisis. La pronosupination a été évaluée en fonction de ces plans et de plus pour la main des primates simiens dans les plans de la concavité et de la convexité de la surface articulaire du trapèze. Les résultats ont été comparés à ceux obtenus chez l’homme. La pronosupination du premier rayon, ainsi dénommée par analogie avec la pronosupination de l’avant-bras est le mouvement qui permet à la pulpe du pouce ou de l’hallux de regarder tantôt en avant, tantôt en arrière afin de s’opposer aux autres doigts lors de la pince pollici- ou hallucidigitale. Elle n’a pu être considérée comme « effective » que lorsqu’il y avait rotation du premier métacarpien ou du premier métatarsien autours de son axe longitudinal. Les prosimiens avaient une circumduction du premier rayon considérable et sensiblement identique à la main et au pied avec une amplitude de plus de 90° dans toutes les directions. Elle permettait une pronosupination de 90°, mais celle-ci n’était qu’« apparente », car elle n’était obtenue que par l’action combinée des deux axes orthogonaux à la base du rayon par effet de cardan. Les anthropoïdes n’avaient qu’une circumduction du premier rayon, limitée de la main et du pied, avec une amplitude ne dépassant pas 45°. Elle s’accompagnait d’une pronosupination « effective », c’est-à-dire selon un axe longitudinal. Cette rotation atteignait 90°. Elle se réalisait autour du point d’ancrage constitué par les ligaments médiaux pour l’articulation trapézométacarpienne, latéraux pour la cunéométatarsienne. Elle était rendue possible par un relief particulier des surfaces articulaires : cardan modifié pour la trapézomé-tacarpienne, trochoïde spiralée pour la cunéométatarsienne. L’homme était le seul primate à n’avoir pratiquement aucune mobilité du premier rayon au niveau du pied. Pourtant, la morphologie de son articulation cunéométatarsienne est très voisine de celles des autres primates anthropoïdes. Les muscles qui s’inséraient sur le premier rayon jouaient un rôle très actif dans la circumduction et la pronosupination apparente, mais très discret dans la pronosupination effective. Le faisceau transversal de l’abducteur du pouce et de l’hallux avaient un léger effet pronateur ; au niveau du pied, le long péronier a une action pronatrice, le long abducteur une action supinatrice. Les articulations métacarpo- et métatarsophalangiennes de tous les primates sont des condylennes avec des mouvements de latéralité qui peuvent atteindre 40°. La métacarpophalangienne de l’homme est la seule exception. Il est le seul primate à avoir un pouce réellement stable.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
To study the articular amplitude of the first ray of both hands and feet using passive mobilisation, either on fresh human cadavers or on living primates after anesthesia (namely eight pongidae, 15 cercopithecidae, two platirrhinii, eight lemuroidae, three daubentonidae, two loridae and two galagonidae). Plans slightly parasagittal and parafrontal have been chosen to obtain the maximum dorsal and palmar or plantar inclinations and the maximum lateral and medial inclinations. The pronosupination of the first ray has been evaluated in relation of these plans and alike for the hand of the simian primates on the plan of the concavity and the convexity of trapezial surface. The results have been compared with these obtained in the man. The pronosupination of the first ray, so denominated by analogy with the pronosupination of the fore-arm is the movement which allows the pulp of the thumb or of the hallux to look now forward or now backward in order to be opposed at the other fingers during the pollici- or the hallucidigital pinch. It can be considered like “effective” unless if there is rotation around the longitudinal axis of its metacarpus (or metatarsus). The prosimian primates had great and sensibly similar circular amplitude of their first metacarpus and first metatarsus, which reached more than 90° in all the directions. It allowed a pronosupination of 90°, but this was only “apparent” because it has been obtained by the alone combined action of the two orthogonal axes at the basis of the ray by simple effect of cardan joint. The anthropoids had only limited circular amplitude, not exceeding 45°. It was associated with an “effective” pronosupination according to a longitudinal axis. The rotation reached 90°. It was produced around the point of anchorage made up by the medial ligaments for the trapezometacarpal articulation and the lateral ligaments for the cuneometatarsal. This movement was possible because of the peculiar relief of the articular surfaces: modified cardan for the trapezometacarpal and spiraled trochoid for the cuneometacarpal joint. The man was the sole primate, which had practically no mobility at the level of the first ray of his foot. However, the morphology of his cuneometatarsal articulation was similar to that of the other anthropomorphous primates. The muscles which was inserted on the first metacarpus (or metatarsus) played an active role in the circular amplitude and in the apparent circular amplitude, but very discreet in the effective circumduction. The transversal fascicle of the short abductor of the thumb and of the hallux had a little pronator effect. At the level of the foot, the tendon of the fibular longus had an action of pronation and the abductor longus muscle an action of supination. The metacarpophalangeal and the metatarsophalangeal articulations of all the primates were condylar with laterality movements, which were able to reach 40° and which were then unsteady. The metacarpopalangeal articulation of the man was the single exception. He was the sole one with a really steady thumb.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Primates, Main, Pied, Premier rayon, Anatomie fonctionnelle
Keywords : Primates, Hand, Foot, First ray, Functional anatomy
Plan
![]() | Cet article fait suite à un article intitulé : « Le premier rayon de la main et du pied chez les primates (I). Anatomie descriptive » paru dans la revue Morphologie 2007;91:149–158. |
Vol 92 - N° 297
P. 55-67 - août 2008 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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