Les traumatismes oculaires chez les enfants âgés de 0 à 15 ans - 08/03/08
Les traumatismes oculaires chez les enfants âgés de 0 à 15 ans. Aspects épidémiologiques et cliniques au Centre National Hospitalier Universitaire de Bangui |
Introduction : Les traumatismes oculaires chez les enfants sont fréquents et constituent une urgence en ophtalmologie. Les lésions occasionnées laissent, en l’absence d’une prise en charge précoce et appropriée, des séquelles en termes de mal voyance ou de cécité définitives. Le but de ce travail est d’analyser les différents aspects épidémiologiques et cliniques des traumatismes oculaires de l’enfant à Bangui afin de sensibiliser les parents, les éducateurs et les autorités de tutelle.
Patients et méthodes : Les auteurs ont mené une étude prospective incluant 194 enfants âgés de 0 à 15 ans, hospitalisés pour traumatisme oculaire dans le service d’ophtalmologie du Centre National Hospitalier Universitaire de Bangui (CNHUB).
Résultats : Cent quatre-vingt-dix-sept yeux au total ont été examinés par le même praticien, 191 patients pour atteintes oculaires unilatérales et 3 bilatérales. La répartition des enfants a révélé une prédominance masculine (58,3 %) avec un sex-ratio de 1,3. La tranche d’âge la plus exposée (39,3 %) était celle comprise entre 5 à 15 ans (67,6 %). Les principales causes de ces traumatismes oculaires étaient les corrections punitives (25,9 %), les accidents au cours des jeux (19,3 %) et les rixes (18,8 %). Les délais de consultation étaient longs : 2,0 % seulement des patients étaient vus avant la 6e heure, contre 43,7 % entre 48 heures et une semaine. Les lésions oculaires traumatiques observées étaient les hyphémas (25 cas, 12,7 %), les plaies conjonctivales simples (19 cas, 9,6 %), les luxations cristalliniennes avec ou sans issue de vitré (19 cas, 9,6 %), les cataractes traumatiques (18 cas, 9,4 %) et les plaies palpébrales avec ou sans ruptures des voies lacrymales (15 cas, 7,6 %). Les lésions les plus graves étaient représentées par les plaies de cornée isolées ou compliquées de hernie de l’iris (39 cas, 19,8 %) et l’éclatement du globe (9 cas, 4,5 %).
Conclusion : La gravité des lésions identifiées, l’importance des séquelles et le retard de la prise en charge de ces traumatismes nécessitent une meilleure information des pouvoirs publics, des parents et des personnes en charge des enfants afin de réduire la fréquence de ces accidents.
Ocular injuries in children aged 0-15 years: epidemiological and clinical aspects at the Bangui National Teaching Hospital |
Purpose: Ocular injuries in children are frequent and are an ophthalmological emergency. If not managed sufficiently early, these lesions may cause definitive partial loss of vision or blindness. In this survey, the authors analyze different epidemiological and clinical aspects of ocular injuries at the Bangui National Teaching Hospital in the Central African Republic to increase the awareness of children’s parents, guardians, and care-takers.
Patients and methods: A prospective study was conducted on 194 cases in the ophthalmology department over a period of 3 years, and included children aged 0-15 years. A total of 197 eyes were examined by the same practitioner, comprising 191 unilateral ocular injuries and three bilateral injuries.
Results: Of the children examined, 59% were males and 41% were females, with a sex ratio of 1.3. The age group with the highest exposure (39.3%) was between 5 and 10 years. Punishments (25.9%), accidents during games (19.3%) and fights (18.8%) were the main sources of these ocular injuries. Consultation most often occurred long after the incident. Only 2.0% were seen before the 6th hour and 43.7% between 48 hours and 1 week. The clinical picture was dominated by bruises posing a therapeutic problem: 25 hyphemas (12.7%), 19 conjunctival injuries (9.6%), 19 lens dislocations with or without vitreous loss (9.6%), 18 trauma-induced cataracts (9.4%), and 15 eye lid injuries with or without lachrymal duct ruptures (7.6%). The most serious injuries were cornea injuries with or without hernia of the iris (19.8%) and nine globe dislocations (4.5%).
Conclusion: The frequency and gravity of the lesions identified, the severity of the injuries and the delay in treating these injuries show that the public authorities, parents and child care-takers need more information in order to reduce the frequency of these accidents.
Mots clés :
Traumatismes oculaires
,
étude prospective
,
enfants
,
Afrique
Keywords: Ocular injuries , children , prospective survey , Africa
Plan
© 2005 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Vol 28 - N° 7
P. 708-712 - septembre 2005 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.