Just caring: Do we need philosophical foundations? - 06/07/17
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Summary |
The “Just Caring” problem asks: What does it mean to be a “just” and “caring” society when we have only limited resources (money) to meet virtually unlimited health care needs (linked to novel emerging medical technologies)? The practical implication of the “Just Caring” problem is that the need for health care rationing is inescapable. That means that some health care needs will not be met, even though those needs have moral weight, because meeting such needs is presumptively a matter of justice. How then can such rationing decisions be made justly or fairly? And who should have responsibility for making such decisions? Should such decision-making be the responsibility of legislative bodies, or administrators of health care institutions, or associations of physicians, or private insurers (in the United States), or employers (in the United States)? What should be the role of philosophers in addressing the problem of just health care rationing? After all, philosophers are supposed to be the experts when it comes to theories of justice. And, if philosophers are supposed to have such a role, are their judgments of health care justice going to be justified by appeal to ethical foundations of some sort? In this essay, I start by conceding that philosophers have had much to say about how we ought to conceptualize our understanding of the notion of justice. But the world has become enormously more complicated since Plato and Aristotle offered their reflections on justice. The same is true for Hume and Kant. Those perspectives seem remote and unhelpful about the problem of just health care rationing. The same would seem to be true about Rawls (1971) and Nozick (1974). Their theories of justice are simply too broad and too abstract to address the complex, heterogeneous problems of just health care rationing in the real world of health care we have today (though, as I show later, Rawls does have much to offer regarding the notion of public reason).1 In the first part of this essay I sketch out several concrete problems of health care rationing having to do with the allocation of targeted cancer therapies, drugs used to treat patients at risk for heart disease, drugs used to treat HIV+ patients, and drugs used to treat very rare diseases. This provides helpful context for the remainder of the essay. In the second part of this essay I argue that traditional theories of justice have only a limited role to play in addressing these problems of health care rationing. This is because no perfectly just answer can be given for the vast majority of real world problems of health care justice. Instead, what we need to settle for are non-ideal resolutions of these problems. Ultimately, I would defend a pluralistic conception of health care justice, which is another reason why we need to settle for non-ideal resolutions. Those non-ideal resolutions will have to emerge from broad, inclusive, fair processes of rational democratic deliberation. Those deliberations will be aimed at achieving a reflective balance of competing considerations of health care justice with respect to a very specific problem of health care rationing. In the third part of this essay, I argue that the role of philosophers is to protect the integrity of this public deliberative process, as opposed to seeking ethical foundations for their judgments of health care justice. This, I argue, entails three responsibilities for philosophers. First, these public deliberations need what we might call “just boundaries”. Those boundaries are defined by what I refer to as “constitutional principles of health care justice”. The role of philosophers is to articulate those constitutional principles and what counts as a reasonable balance among those principles as they are applied to specific problems of just health care rationing. Second, the role of philosophers is to articulate a specific understanding of “public reason”, which would govern those democratic deliberations. Here I have in mind the work of Rawls and his notions of “the rational” and “the reasonable” (Rawls, 1993). Third, philosophers have their traditional Socratic role of being thoughtful critics of the outcomes of these public deliberations, mindful of the fact that most outcomes will be non-ideally just. That is, philosophers must distinguish outcomes that are non-ideally “just enough” from those that are not “just enough”. Ultimately, the role of philosophers is not to construct or discover just foundations for these deliberative processes but to protect the fairness and integrity of the deliberative process itself.
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« Just caring » ou les « soins justes » : avons-nous besoin de fondements philosophiques ? Le problème des soins justes pose la question suivante : que signifie être une société « juste » de « prise en charge » lorsque nous avons des ressources limitées (l’argent) pour répondre aux besoins de santé, virtuellement illimités en raison de l’émergence de nouvelles technologies médicales ? L’implication pratique du problème des « soins justes » est que le besoin de rationnement du système de santé est inévitable. Cela signifie que certains besoins du système de santé ne seront pas pris en charge, même si ces besoins ont une dimension morale inhérente puisqu’il est question de justice. Ainsi, comment les décisions de rationnement peuvent-elles être justes et équitables ? Et qui devrait avoir la responsabilité de prendre de telles décisions ? Le corps législatif, les administrateurs du système de santé, des associations de médecins, des assureurs privés (aux États-Unis) ou des employeurs (aux États-Unis) ? Que devrait être le rôle des philosophes en relation avec le problème de rationnement des « soins justes » ? Après tout, les philosophes sont censés être les experts quand il s’agit des théories de la justice. Dans cet essai, je vais commencer par expliquer comment les philosophes ont déjà beaucoup écrit sur la façon dont nous devons conceptualiser notre compréhension de la notion de justice. Mais le monde est devenu beaucoup plus complexe depuis les réflexions sur la justice de Platon et Aristote. On peut en dire autant concernant Hume et Kant. Ces perspectives semblent obsolètes et peu utiles au regard du problème de rationnement des « soins justes ». Il semble que cela soit également vrai avec Rawls et Nozick. Leurs théories sur la justice sont simplement trop larges et abstraites pour traiter la complexité et l’hétérogénéité du problème de rationnement des « soins justes » du monde réel dans lequel nous vivons aujourd’hui. Dans la première partie de cet essai, je fais l’esquisse de quelques problèmes liés au rationnement des « soins justes » et à l’attribution de cœurs artificiels, du traitement ciblé du cancer et des médicaments pour traiter les patients portant le VIH. Cela fournit un contexte qui sera utile pour le reste de l’essai. Dans la deuxième partie de cet essai, je montre que les théories traditionnelles sur la justice jouent seulement un rôle limité dans le traitement du problème de rationnement des « soins justes » puisque aucune réponse parfaitement juste ne peut être donnée face à la grande majorité des problèmes de justice du système de santé du monde réel. Au lieu de ça, il faut se contenter de résoudre ces problèmes de manière « non idéale ». En définitive, je défendrais une conception plurielle de la justice dans le système de santé, ce qui est une raison supplémentaire pour laquelle nous devons nous contenter de résolutions « non idéales » de ces problèmes. Ces résolutions « non idéales » devront émerger de larges, justes et inclusives délibérations rationnelles démocratiques. Ces délibérations auront pour but d’arriver à un équilibre réflexif entre des considérations en compétition à propos de la justice dans le système de santé au regard du problème très spécifique du rationnement du système de santé. Dans la troisième partie de cet essai, je montre que le rôle des philosophes est de protéger l’intégrité de ces procédés publics de délibération. Je montre que cela implique trois responsabilités pour les philosophes. D’abord, ces délibérations publiques ont besoin de ce que l’on pourrait appeler des « limites justes ». Ces limites sont définies par ce que je mentionne comme « principes constitutionnels de la justice dans le système de santé ». Le rôle des philosophes est d’articuler ces principes constitutionnels et ce qui compte comme un équilibre raisonnable parmi ces problèmes dans la mesure où ils sont appliqués aux problèmes spécifiques du rationnement des « soins justes ». Ensuite, le rôle des philosophes est d’articuler une compréhension spécifique de la « raison publique » qui gouvernerait ces délibérations démocratiques. J’ai ici à l’esprit le travail de Rawls et ses notions de « rationnel » et « raisonnable ». Enfin, les philosophes ont leur rôle traditionnel « socratique » de faire la critique réfléchie des résultats de ces délibérations publiques, étant conscients que la plupart de ces résultats sera « non idéalement » juste. C’est-à-dire que les philosophes doivent distinguer les résultats qui sont non idéalement « assez justes » de ceux qui ne sont pas « assez justes ». Finalement, le rôle des philosophes n’est pas de construire ou découvrir des fondements justes pour ces procédés délibératifs mais de protéger la justice et l’intégrité du procédé délibératif lui-même.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Keywords : Health, Just care, Justice, Philosopher
Mots clés : Santé, Soin juste, Justice, Philosophe
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Vol 3 - N° 2
P. 221-232 - avril 2017 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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