Traitement conservateur ou amputation en première intention des traumatismes délabrants des membres ? - 22/12/16
, Menadjelia, Lachtar, Atmani, Allouche, Jeddou, Boumaiza, Chelghoum, Mebarki, ManadiRésumé |
Objectifs |
Les traumatismes délabrants des membres posent encore un vrai problème de décision thérapeutique en urgence : amputation ou traitement conservateur ? L’objectif de ce travail est d’étudier les répercussions thérapeutiques de telles décisions et ce, à travers deux groupes de blessés présentant un traumatisme délabrant d’un membre traité par amputation de première intention (groupe 1) ou traitement conservateur (qui a abouti à une amputation dans les jours qui ont suivi) : groupe 2.
Matériels et méthodes |
Notre étude est fondée sur une étude rétrospective d’une série formée de deux groupes de malades (chaque groupe comprenant 12) présentant un traumatisme délabrant ouvert d’un membre : il s’agit d’évaluer l’impact fonctionnel et psychologique mais surtout de montrer la difficulté de décider l’amputation urgente comme geste thérapeutique ou être conservateur en « donnant toutes les chances au blessé afin de garder son membre ».
Résultats |
La population étudiée est constituée d’adultes jeunes avec une moyenne d’âge de 49ans et des extrêmes entre 9 et 63 ans. Les accidents de la route sont les plus grands pourvoyeurs de traumatismes délabrants des membres (67 % des cas) suivis des accidents dans le milieu de travail. Les fractures sont présentes dans 92 % de cas. Les lésions vasculaires ont intéressé 20 % de nos malades.
Discussion |
L’amputation de première intention a été décidée d’emblée dans 30 % des cas et en peropératoire dans le reste des situations. Le traitement conservateur a toujours été décidé en peropératoire avec ostéosynthèse et éventuelle réparation vasculaire. Le traitement conservateur a abouti à une amputation après 5jours en moyenne d’évolution pour des raisons d’ischémie (40 %) ou infectieuses chez le reste des malades. La différence entre les deux groupes est très significative en matière de durée d’hospitalisation (3jours pour le groupe 1 et 11jours pour le second) et en ce qui concerne l’impact psychologique où le groupe ayant bénéficié d’un traitement conservateur semble plus réceptif au résultat après avoir « épuisé » ses chances. Sur le plan fonctionnel, la différence n’est pas très significative (2 moignons sur 12 sont défectueux dans le deuxième groupe).
Conclusion |
Si l’amputation comme geste thérapeutique est parfois évidente dans les suites d’un traumatisme délabrant des membres, elle demeure conçue comme échec et motive souvent une attitude conservatrice pouvant « sauver » le membre du blessé.
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Vol 102 - N° 8
P. 803 - décembre 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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