Mélioïdose cutanée : une maladie rare à évoquer chez les voyageurs - 23/11/16
| pages | 2 |
| Iconographies | 0 |
| Vidéos | 0 |
| Autres | 0 |
Résumé |
Introduction |
La mélioïdose cutanée (MC) est une infection dermo-hypodermique due à Burkholderia pseudomallei. Elle est endémique dans 48 pays notamment d’Asie du Sud-Est, mais seulement observée au retour de voyage en France métropolitaine. Nous décrivons deux cas de MC chez des voyageurs et réalisons une revue des 36 cas publiés.
Observation |
Le patient 1 présentait une dermo-hypodermite chronique de la fesse évoluant depuis un retour de Thaïlande, 18 mois auparavant. Par de multiples orifices, un liquide purulent s’écoulait, sur lequel B. pseudomallei était identifié. Le patient était traité selon les recommandations officielles par double antibiothérapie en phase d’attaque : imipénème intraveineux et doxycycline per os. À 21jours de traitement, la lésion ne s’était pas modifiée. Une chirurgie d’exérèse monobloc était réalisée pour éradiquer l’infection. Le patient 2 présentait, 3 mois après un séjour en Côte d’Ivoire, une dermo-hypodermite chronique du tiers inférieur de jambe droite polyfistulisée à la peau associée à un abcès ganglionnaire inguinal homolatéral. B. pseudomallei était identifié sur les prélèvements chirurgicaux lors de la mise à plat de la collection inguinale et sur le pus de jambe. Une antibiothérapie simple par doxycycline per os pendant 1 mois permettait la guérison du patient. Les deux patients ne présentent pas de récidive de l’infection, avec un recul de respectivement 3 et 12 mois.
Discussion |
La MC est principalement retrouvée au retour de Thaïlande (13/25 cas importés). Le temps d’incubation médian dans les cas cutanés décrits est de 28jours alors qu’il est de 9jours dans le cadre des mélioïdoses en général. Les deux patients avaient une présentation classiquement décrite dans la littérature : dermo-hypodermite ou abcès. Le deuxième présentait en plus une atteinte ganglionnaire. Le diagnostic pourrait être plus précoce si un prélèvement bactériologique était systématiquement réalisé devant tout écoulement cutané. Une grande variabilité des traitements est décrite dans la littérature : type d’antibiotique, posologie, durée et voie d’administration. En cas d’atteinte cutanée isolée, les durées de la phase d’attaque sont largement en dessous de celles recommandées. La chirurgie est dans certains cas (9/36 patients) indispensable, comme chez notre premier patient.
Conclusion |
La MC est une infection rare qu’il faut évoquer devant toute infection dermo-hypodermique au retour de voyage, notamment de Thaïlande. Le diagnostic est facilement confirmé par le prélèvement bactériologique de pus extériorisé. Une double antibiothérapie par voie intraveineuse est recommandée en phase d’attaque (au moins 10jours de céftazidime ou méropenem) mais l’efficacité thérapeutique reste incertaine, nécessitant un geste chirurgical dans un tiers des cas, notamment en cas d’abcès.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Burkholderia pseudomallei, Dermo-hypodermite, Mélioïdose
Plan
| ☆ | Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont disponibles à l’adresse suivante : http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2016.10.004. |
Vol 143 - N° 12S
P. S328-S329 - décembre 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’achat d’article à l’unité est indisponible à l’heure actuelle.
Déjà abonné à cette revue ?
