Érythème palmaire : manifestation inaugurale d’une infection par le VIH - 23/11/16
Résumé |
Introduction |
L’érythème palmaire (EP) bilatéral acquis, pathologique, a été associé notamment aux maladies hépatiques, auto-immunes, paranéoplasiques, infections virales et chimiothérapies. Les principales infections responsables d’EP sont les hépatites virales B ou C. Nous rapportons l’observation originale d’un EP associé à une infection par le VIH.
Observation |
Il s’agissait d’un patient de 39 ans, venu consulter pour un EP diffus prédominant aux éminences hypothénars, symétrique, fixe, non douloureux, apparu depuis 2 ans. Il était noté un antécédent d’accident de la voie publique 20 ans auparavant, compliqué de cervicalgies persistantes. Le patient était en bon état général. Il se plaignait uniquement de dysesthésies de l’avant-bras gauche, mal définies. Cliniquement, on constatait une dermite séborrhéique discrète et une perlèche chronique résistant aux traitements. Des explorations avaient déjà été réalisées avec un bilan hépatique, thyroïdien, glycémique et auto-immun, les sérologies des hépatites B et C, une échographie hépatique et un écho-Doppler des membres supérieurs. Ce bilan était négatif. L’électromyogramme était normal. La recherche d’une gammapathie monoclonale de type lambda dans un éventuel contexte du syndrome de POEMS était négative. Une sérologie VIH par technique Elisa était positive. Elle était confirmée par Western Blot et sur un deuxième prélèvement. Les CD4 étaient à 392 éléments/mm3, soit 25 % des lymphocytes totaux et la charge virale était de 107 000 copies. Il n’y avait pas de co-infection syphilitique. La date de contamination de l’infection par le VIH était estimée à deux ans auparavant, date à laquelle le patient avait constaté l’apparition de l’EP. Un traitement était mis en place par trithérapie avec PREZISTA® (inhibiteur protéase), NORVIR® (booster) et TRUVADA® (association de 2 inhibiteurs nucléosidiques). À deux mois de traitement, le patient rapportait la disparition des dysesthésies et une amélioration de l’érythème.
Discussion |
Il s’agit du premier cas d’EP secondaire à une infection par le VIH. Dans la littérature, des cas d’EP associés à une infection ont été rapportés avec les hépatites B et C ou encore la myélopathie associée au virus HTLV1. Une étude rapporte plusieurs cas d’EP chez les patients présentant une infection par le VHC et quelques cas dans un groupe co-infecté par le VHC et le VIH. La physiopathologie de l’EP est mal connue. Il est probablement lié à une dilatation du réseau microvasculaire de la peau secondaire à une hypereostrogénie ou à la stimulation du système nerveux parasympathique due à une neuropathie à petites fibres. Probablement, ce dernier mécanisme explique l’EP lié à certaines infections virales comme l’infection à VIH chez notre patient.
Conclusion |
Ce cas clinique peut permettre de ne pas méconnaître une infection par le VIH en cas d’érythème palmaire.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Érythème palmaire, Infection virale, VIH
Plan
| ☆ | Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont disponibles à l’adresse suivante : http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2016.10.004. |
Vol 143 - N° 12S
P. S324 - décembre 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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