Dermite de contact aux protéines d’asticot chez un pêcheur - 23/11/16
Résumé |
Introduction |
La dermite de contact aux protéines (DCP) est une allergie immédiate caractérisée par un tableau clinique d’eczéma chronique avec des exacerbations aiguës quelques minutes après le contact avec la protéine responsable.
Observations |
Un jeune homme de 25ans, atopique (dermatite atopique [DA] et rhinite saisonnière) étudiant en BTS électromécanique, consultait pour une pulpite touchant les 2 mains. Il décrivait depuis 2ans un tableau d’eczéma de la pulpe des 3 premiers doigts de la main droite, et 2 premiers doigts de la main gauche, complètement régressive en hiver. Cette symptomatologie semblait rythmée par ses allers-retours à la pêche. Il manipulait avec les 3 premiers doigts de la main droite les asticots (noirs, verts blanc et rouge) qu’il plaçait sur l’hameçon qu’il tenait avec les 2 premiers doigts de la main gauche. Au retour de la pêche, il décrivait un œdème des doigts suivi d’une pulpite sèche fortement évocatrice d’une dermite de contact aux protéines. Les patch-tests (PT) réalisés montraient : batterie standard et allergènes présents dans les agents de vulcanisation (port de gants) négatifs. Les prick-tests (pT) étaient réalisés selon la méthode du prick to prick ; ils étaient positifs à 3mm pour l’asticot rouge et 5mm pour l’asticot blanc. Les PT aux asticots verts et noirs et aux poissons crus étaient négatifs. Ces tests étaient pertinents et ont permis le diagnostic de DCP aux protéines d’asticot. Une éviction complète était recommandée et l’utilisation de gants ou d’asticots verts était proposée s’il souhaitait continuer la pêche. La symptomatologie a complètement régressé depuis.
Discussion |
La DCP concerne dans 50 % des cas des patients ayant un terrain atopique qui facilite la pénétration cutanée des protéines de haut poids moléculaire. Le mécanisme est celui d’une réaction IgE médiée mais le caractère retardé pourrait être expliqué par un mécanisme proche de celui impliqué dans la DA mettant en jeu les récepteurs IgE des cellules de Langherans. Cliniquement, on trouve un tableau d’eczéma chronique, associé à des poussées aiguës quelques minutes après le contact avec l’agent responsable. Le tableau clinique peut être celui d’une simple pulpite avec paronychie chronique. Barbaud et al. ont rapporté 25 cas de DCP, dont une aux protéines d’asticot chez un pêcheur amateur avec pT positif et PT négatif. Gossens et al. ont rapporté un cas chez un pêcheur amateur et 3 autres cas chez des professionnels. Chez ces patients, la topographie était similaire à celle de notre cas, qui correspond à la zone de contact du geste professionnel d’enfilage de l’asticot sur l’hameçon. Nous insistons sur l’importance de réalisation de pT comme examen de référence dans le dépistage des DCP.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Protéine d’asticot, Dermite de contact, Pulpite
Plan
| ☆ | Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont disponibles à l’adresse suivante : http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2016.10.004. |
Vol 143 - N° 12S
P. S218 - décembre 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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