La vitamine D dans les affections métaboliques et cardiovasculaires. Effet réel ou effet de mode ? - 21/06/16
, C. Colette| pages | 9 |
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Résumé |
La vitamine D occupe une place à part parmi les vitamines. Tout d’abord, elle se comporte comme une prohormone. Après avoir été synthétisée au niveau de la peau, ou absorbée au niveau de l’intestin, et après avoir subi deux hydroxylations successives, hépatique, puis rénale, elle se transforme en métabolite actif : la 1,25(OH)2 vitamine D [1,25(OH)2D]. C’est lui qui interagit avec un récepteur nucléaire spécifique, le Vitamin D Receptor (VDR), qui est largement distribué dans l’ensemble des tissus de l’organisme. C’est pour cette raison que l’on a attribué à la vitamine D de nombreuses actions potentielles en dehors de son effet sur l’homéostasie calcique et le métabolisme osseux. Pour certains, elle stimulerait la sécrétion insulinique et augmenterait l’insulinosensibilité. Pour d’autres, elle modulerait l’action du système immunitaire, et elle agirait sur la contractilité myocardique. Ceci explique que son utilisation à titre préventif ou curatif ait été préconisée dans certains états aussi variés que le diabète (type 1 et type 2), le syndrome pluri-métabolique, l’obésité, et les affections cardiovasculaires. Malheureusement, aucune étude d’intervention randomisée n’est venue confirmer ces belles promesses. En dépit de cette absence de preuves, certains continuent à préconiser des supplémentations en vitamine D, en se basant sur le fait qu’un taux circulant de 25 hydroxyvitamine D [25(OH)D] en dessous d’un seuil, défini selon les auteurs à 20, ou 30ng/mL, traduit une carence en vitamine D. Nul ne sait aujourd’hui si ces supplémentations sont facultatives, souhaitables, ou nécessaires. En revanche, il est sûr que des supplémentations trop intenses peuvent avoir des effets délétères, en particulier chez des sujets hypercalciuriques et prédisposés aux lithiases urinaires calciques. Dans tous les cas, la prudence doit être de mise, car la prescription de vitamine D, contrairement à des idées reçues, est loin d’être anodine.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Vitamin D occupies a particular position among vitamins. Firstly, vitamin D is photochemically synthesized in the skin even though small amounts are provided by dietary sources. Secondly, after two consecutive hydroxylations in the liver and kidneys, its effects are due to its final metabolite, i.e. the 1,25 dihydroxyvitamin D [1,25(OH)2D] that interacts with its cognate nuclear receptor: the VDR. As this receptor is widely distributed in numerous target tissues, many properties were attributed to vitamin D. Despite its main action on calcium homeostasis (intestine and bone), many observations indicate that vitamin D exerts a regulatory effect on the insulin sensitivity of peripheral tissues and the ß-cell function, a modulating action on the immune system, and a stimulatory effect on the myocardial contractility. As a consequence, its utilization has been recommended for preventing or treating numerous medical conditions such as diabetes states, metabolic syndromes, obesities, and cardiovascular diseases. Unfortunately, these recommendations are not evidence-based, because randomized interventional trials, which are normally required for establishing such hypotheses are sadly lacking. However, some authors still recommend the use of vitamin D supplementations on the basis of assessment of the vitamin D status from measurements of circulating concentrations of 25 hydroxyvitamin D [25(OH)D]. Definitions of vitamin D deficiencies were usually set at either 20 or 30ng/mL, i.e. at 25(OH)D thresholds that seem relatively overestimated. Discrepancies between definitions reflect the uncertainties for assessing the vitamin D status of individuals. Today, no one knows exactly whether supplementations in vitamin D should be optimal, recommended, or mandatory, when 25(OH)D levels are found below 20ng/mL. By contrast, there is no doubt that too aggressive supplementations can exert harmful effects, particularly in those who are hypercalciuric and prone to urolithiasis. Therefore, when it comes to the patient's supplementation with vitamin D, the decision making process should be carefully weighed because, inversely to what is commonly thought, its prescription can display either salutary or deleterious effects.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : Vitamine D, maladies métaboliques, affections cardiovasculaires
Key-words : Vitamin D, metabolic diseases, cardiovascular diseases
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Vol 10 - N° 3
P. 210-218 - mai 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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