Syndrome de Gerstmann-Straussler-Scheinker : un phénotype hétérogène - 02/03/08
A. Kwiatkowski [1],
S. Bombois [1],
D. Devos [2],
M.A. Mackowiak-Cordoliani [1],
F. Pasquier [1]
Voir les affiliationsIntroduction. Le syndrome de Gerstmann-Straussler-Scheinker (GSS) est une maladie génétique à prions le plus fréquemment liée à la mutation Pro102Leu sur le gène PRNP dont l’expression phénotypique est hétérogène.
Observations. Une femme de 53 ans (dossier n° M05438) a consulté en novembre 2005 pour des troubles comportementaux et un déclin cognitif évoluant vers syndrome démentiel sous-cortico-frontal, puis un syndrome cérébelleux, un syndrome parkinsonien et des myoclonies. En mars 2006, l’IRM encéphalique montrait une atrophie diffuse et des hypersignaux aspécifiques de substance blanche sans prise de contraste au gadolinium. L’analyse du LCR montrait 5 bandes oligoclonales d’IgG. La recherche de protéine 14.3.3 était négative. Trois mois plus tard, devant l’aggravation clinique rapide, une seconde IRM cérébrale fût réalisée montrant des hypersignaux corticaux en rubans sur les séquences de diffusion et T2 FLAIR, évocateurs de maladie à prion. La patiente avait deux frères, décédés à 58 et 45 ans, ayant présenté un syndrome démentiel étiqueté respectivement maladie d’Alzheimer et démence fronto-temporale sans preuve autopsique et une sœur de 42 ans, vivante, ayant une ataxie cérébelleuse et des troubles cognitifs apparus secondairement. Ces antécédents familiaux ont fait évoquer un syndrome de GSS confirmé par la présence de la mutation hétérozygote P102L avec un profil méthionine/valine du codon 129 du gène PRNP chez les deux sœurs.
Discussion. Les mutations responsables du syndrome de GSS influent sur le phénotype. Comme dans la famille rapportée, il peut exister une hétérogénéité phénotypique. Des facteurs environnementaux et génétiques autres que le génotype méthionine/valine du codon 129 pourraient intervenir. Les séquences de diffusion et T2 FLAIR ainsi que la répétition de l’IRM au cours de l’évolution rapide d’un syndrome démentiel peuvent orienter le diagnostic.
Conclusion. L’étude des mécanismes de modulation de l’expression phénotypique dans le syndrome de GSS et les autres maladies à prions semble un des axes à développer pour améliorer le dépistage et la prise en charge de ces pathologies.
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Vol 163 - N° SUP4
P. 172 - avril 2007 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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