Fiabilité de l’analyse visuelle de la marche et du processus qui en découle, réalisé par des physiothérapeutes spécialisés en neurologie sur des patients hémiplégiques - 19/05/16
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Résumé |
Introduction |
Des études montrent les physiothérapeutes utilisent souvent l’analyse visuelle de la marche sans recourir aux évaluations standardisées dans leur quotidien clinique comme première étape du processus de raisonnement clinique. Cette méthode permet de constater des anomalies, d’identifier les principaux problèmes et de générer les premières hypothèses. D’autres examens sont décidés en fonction de ces résultats. La fiabilité de ce processus n’a pas été étudiée jusqu’à présent. L’objectif de ce travail était de vérifier la fiabilité de l’analyse visuelle de la marche de patients hémiplégiques réalisée par des physiothérapeutes et d’examiner le processus de raisonnement clinique qui en découle.
Méthode |
Nous avons travaillé avec un design mixte, à l’aide d’une approche avant tout qualitative. Six patients hémiplégiques ont été filmés dans le plan frontal et sagittal. 54 physiothérapeutes du service de Neurologie de 5 hôpitaux suisses ont été choisis comme observateurs au moyen d’un échantillonnage dirigé. À partir des vidéos, les physiothérapeutes ont noté en aveugle les observations, problèmes principaux et hypothèses concernant les structures et mécanismes concernés. Par ailleurs, la capacité de marche a été classée dans les catégories légèrement/moyennement/fortement affectée. L’analyse du contenu et la codification des données ont été faites au début par trois chercheurs indépendants qui ont défini par consensus des catégories pour les données. Pour vérifier statistiquement la fiabilité, ces catégories ont été analysées avec l’indice Kappa de Fleiss.
Résultats |
Cent soixante-dix-sept items portant sur les observations ont pu être identifiés par codage ouvert. Ils ont été regroupés dans 30 sous-catégories et finalement dans 6 catégories. Les 93 problèmes identifiés ont été réunis en 6 catégories; les 120 hypothèses ont été rassemblées en 24 sous-catégories et 6 catégories. La fiabilité des catégories de problèmes principaux et des hypothèses a été faible dans les deux cas –0,07 pour le problème principal et 0,04 pour l’hypothèse selon le Kappa de Fleiss. Le lien entre l’expérience des thérapeutes et la répartition des degrés de gravité des patients a été vérifié avec le test exact de Fisher. Ce dernier n’a pas été significatif chez 5 des 6 patients.
Discussion et conclusion pour la pratique |
Nous n’avons observé qu’un faible accord dans la formulation des problèmes principaux comme dans celle des hypothèses. La question de la dépendance entre le problème principal et l’hypothèse n’a pas pu être représentée sur le plan statistique. Toutefois, si l’on considère la fiabilité minimale, elle est insignifiante. Les différentes façons de procéder des physiothérapeutes en termes de raisonnement clinique conduisent à de nombreux mécanismes d’explication. La quantité d’items différents pose la question de savoir si l’usage de différentes terminologies par les physiothérapeutes a conduit à des interprétations erronées des données. Peut-être y a-t-il une fiabilité conceptuelle, mais qui n’a pas été reconnue dans le cas présent.
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Vol 16 - N° 174
P. 37-38 - juin 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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