Céphalées induites par abus des traitements symptomatiques antalgiques et antimigraineux - 01/03/08
Les céphalées induites par abus des traitements symptomatiques antimigraineux sont fréquentes, invalidantes et socio-économiquement coûteuses. Elles sont dues à la surconsommation des dérivés ergotés, de tous les antalgiques et/ou plus récemment des triptans. Comme beaucoup de céphalées chroniques, elles sont difficiles à classer selon les critères de l'International Headache Society. La confusion entre les céphalées originelles (généralement migraineuses) et les céphalées intercritiques dites « de rebond », ainsi que d'éventuels facteurs psychosociaux, entraînent insidieusement une automédication compulsive et souvent anticipatoire. Il en résulte un syndrome céphalalgique auto-entretenu, résistant aux traitements symptomatique et prophylactique, avec une réelle dépendance toxicomaniaque. À ce jour, il n'a pas été démontré que ces céphalées pouvaient survenir chez des douloureux chroniques non céphalalgiques qui abusent d'antalgiques. La physiopathologie est complexe et reste encore très largement mystérieuse. Le sevrage médicamenteux est indispensable, mais les protocoles thérapeutiques sont actuellement très hétérogènes et mal évalués. Les moyens non médicamenteux sont parfois déterminants. L'éducation du patient céphalalgique et le suivi régulier sont primordiaux pour éviter les rechutes. Des facteurs de mauvais pronostic ont été mis en évidence mais ne seraient pas déterminants à long terme. Le taux de réussite, actuellement évalué à 60 p. 100 à 5 ans, et les bénéfices d'une prise en charge adaptée encouragent à détecter précocement ces céphalées induites encore largement sous-diagnostiquées. Cet article se propose de réaliser une mise au point de la littérature en 2000, et de sensibiliser les médecins à une attitude plus préventive.
Headache induced by chronic overuse of antimigraine drugs and antalgesics. |
These daily or near-daily headaches result from the chronic overuse of all immediate relief antimigraine drugs: ergotamine, analgesics, and/or more recently triptans. Like for much chronic daily headaches, the International Headache Society diagnostic criteria for drug abuse headaches are difficult to apply. Generally, patients confuse primary headaches (usually migraines) with interparoxysmal tension-type headaches called “rebound headaches”. Psychosocial factors may play a role. Insidiously, a compulsive automedication results, often in anticipation of headache. This headache syndrome resists symptomatic and prophylactic treatment. These headaches are frequent, very disabling and socioeconomically costly. They are still largely underdiagnosed. Drug-induced headaches may be restricted to those patients who are already headache sufferers. The pathogenesis is not clearly understood: it may involve a deficience of inhibitory pain modulation, a hyperactivation of nociceptive facilitatory systems, and the peripheral and central effects of the incriminating drugs. The withdrawal of all offending analgesic drugs and a multimodality approach are indispensable, but the therapeutic protocoles are actually very heterogeneous and poorly estimated. Non-drug means could be very helpful. Effective education of headache sufferers and regular follow-up are essential to avoid relapses. Prognosis factors have been evoked, but may not be significant for the long term outcome. The rate successfull of is actually estimated at 60p. cent at five years. The benefits of an adequate management encourage early recognation of drug-induced headaches. This article has in view to take stock of the literature at the end of 1999, and to help physicians become mora aware of this problem and develp a more preventive attitude.
Plan
© 2001 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Vol 157 - N° 10
P. 1221-1234 - octobre 2001 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
