Chronique de la vie ordinaire d’une normopathe - 08/01/16
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Résumé |
Objectifs |
La question du fonctionnement mental des sujets « trop normaux » n’est pas souvent abordée en psychiatrie, d’abord pour la raison évidente qu’elle y est rarement rencontrée. De tels patients sont adressés au psychanalyste pour des raisons vécues par eux comme « extérieures à leur état psychologique », comme la survenue de somatisations. L’auteur propose ici des extraits de la thérapie d’une patiente suivie en cabinet, et venant consulter à la suite d’une injonction médicale de « faire une psychothérapie » après un Accident Ischémique Transitoire.
Méthode |
Plusieurs moments importants sont rapportés, en insistant sur les mouvements contretransférentiels suscités chez l’analyste par la patiente. Les aspects notamment de sensations physiques chez les deux protagonistes font partie intégrante de ce travail de réanimation psychique.
Résultats |
Comme il est décrit dans les travaux des Psychosomaticiens, la psychothérapie des patients fonctionnant sur un mode opératoire passe par l’instauration, à travers le contretransfert du thérapeute, d’une « fonction maternelle » le liant au patient. Ainsi se crée entre le patient et son analyste, une sorte de « chimère », selon de M. de M’Uzan, où ce qui a manqué dans la vie précoce du premier apparaît dans les intuitions contretransférentielles du second.
Discussion |
Dans ce contexte, l’apparition d’une somatisation est un signe d’appel qui témoigne d’une souffrance pas encore psychisée mais qui demande à l’être. À l’appui de ces hypothèses dynamiques, la thérapie de Mme S. montre les difficultés techniques particulières propres à ce type de patients.
Conclusions |
Les aspects de « normopathie » posent un certain nombre de problèmes au psychanalyste. Ce dernier doit savoir aménager son cadre pour rencontrer vraiment ces patients. La question de leur rapport à la Folie passe par leur terreur d’être mis en contact avec leur fonctionnement inconscient. Dans ce contexte, l’apparition d’une somatisation est un signe d’appel qui témoigne d’une souffrance n’ayant pas encore trouvé d’expression psychique. À l’appui de ces hypothèses dynamiques, la thérapie de Mme S. montre les difficultés techniques particulières propres à ce type de patients.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Objectives |
The issue of mental functioning among subjects who are “too normal” is not often discussed in psychiatry, first of all for the obvious reason that it is rarely encountered. Patients of this type are in general referred to psychoanalysts for reasons that they feel are: “exterior to their psychological state”, such as the occurrence of somatization. Here, the author provides extracts from the therapy of a patient who consulted after receiving the medical injunction to “have psychotherapy”, following a transient ischemic attack (TIA).
Method |
Several key moments are reported, pinpointing the countertransference movements generated in the analyst by the patient. The physical sensations in both parties are an integral part of this work of psychic regeneration.
Results |
As described in the work by psycho-somaticians in the Paris school, the psychotherapy of patients functioning on an operating mode entails the establishment, through the therapist's countertransference, of a “maternal function” linking therapist to patient. Thus between the patient and his therapist, a sort of “chimera” is created, in the terms of de M’Uzan, where what has been lacking in the patient's early life appears in the countertransference insights of the analyst.
Discussion |
In this context, the appearance of a somatization is an appeal, testifying to suffering that is not yet conscious but is demanding to be so. To back up these dynamic hypotheses, the therapy with Mrs. S. shows the particular technical difficulties inherent in this type of case.
Conclusions |
The different aspects of “normopathy” cause a certain amount of difficulty for the psychoanalyst. Indeed, he or she needs to know how to adjust the framework to enable a genuine encounter with the patient. The question regarding the patient's relationship with madness can be apprehended in their dread of being in contact with their unconscious functioning. In this context, the appearance of somatization must be heeded and treated as a warning, an appeal that testifies to a suffering that has not yet found psychic expression.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Psychanalyse, Normopathie, Psychodynamie, Somatisation, Psychosomatique, Transfert, Contretransfert, Cas clinique
Keywords : Psychoanalysis, Normopathy, Psychodynamics, Somatisation, Psychosomatics, Transference, Countertransference, Clinical case
Plan
☆ | Toute référence à cet article doit porter mention : Chaine F. Chronique de la vie ordinaire d’un normopathe. Evol Psychiatr 2016; 81 (1): pages (pour la version papier) ou adresse URL et date de consultation (pour la version électronique). |
Vol 81 - N° 1
P. 65-72 - janvier 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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